Le Grand Repertoire au GRAND-PALAIS

Publié le par Victor

J'ai préféré copier un article sur le net plutôt que de raconter cette exposition mécanico-poétique. Je n'ai pas fait de photos illustrants ces machines car j'étais trop absorbé par les démonstrations. Le lieu reste lui, toujours aussi beau et impressionnant.

Une centaine de machines de spectacle de 150 grammes à 11 tonnes. Un laboratoire pour étudier la machine de sa conception à sa construction. Avez-vous déambulé en baignoire roulante ou en chiotte-solex ? Imaginez le gain de temps considérable que constitue le portant à Romains ou la machine à faire tourner les robes. Une bonne nouvelle pour les amateurs de machines monstrueuses et de recoupements dégénérés : les inventions les plus loufoques, issues de l'imagination fertile des ateliers de la compagnie Royal Deluxe s'exposent au Grand Palais.
Cet inventaire aux faux-airs d'exposition universelle d'un autre âge, où les mécanismes apparents de ces créations hystériques se mêlent à l'architecture de la nef du Grand Palais, laisse d'emblée présager d'un parcours étonnant et ludique. Dès la première pièce, le ton est donné ; la petite plaquette en bois, sans doute inspirée par les tableaux de classification de l'école communale, mentionne le nom de l'oeuvre aussi bien que l'énergie dont elle a besoin pour fonctionner et, "l'huile de coude" faisant bien souvent office d'essence, on ne peut que sourire face à ces inventions qui sont, pour la plupart, un défi lancé à la technologie.
Car c'est bien de cela qu'il s'agit, au-delà des diverses catapultes, très en vogue dans le petit monde des inventeurs, ce 'Grand Répertoire' s'attache à sortir la machine de sa simple fonctionnalité ; les créations présentées ici apparaissent comme les jumeaux maléfiques des robots ménagers.
Loin de nous aider, de nous accompagner dans nos tâches quotidiennes c'est, semble-t-il, bien au contraire à nous de mobiliser nos talents d'humains pour leur donner une raison d'exister. En sortant donc du domaine de l'efficacité, la machine prend un autre visage, une autre identité qui déroute, bien plus proche de l'oeuvre d'art que de l'aspirateur finalement. Ainsi, en présentant un parcours très rudimentaire (les oeuvres occupent l'espace de l'exposition comme on occupe une place de parking), 'Le Grand Répertoire' fait revivre, au travers d'un imaginaire nostalgique d'une science classificatrice et méticuleuse, un humour délicieusement décalé, très anglais, où le sérieux de l'entreprise se heurte au ridicule du résultat.
C'est donc à une exposition réjouissante que nous invite le Grand Palais, à mi-chemin entre une réflexion sur le statut de l'objet et un catalogue raisonné de l'absurde, la mécanisation de ces chimères opère un déplacement poétique qui leur donne véritablement vie.
Guillaume Benoit


Publié dans victormad

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