Opération séduction

Publié le par Victor

En vue de la délocalisation de notre site de production à Bordeaux-Mérignac, notre Direction organisait un week-end séduction afin de nous convaincre de déménager là bas. 

Départ en TGV de la gare Montparnasse à 7H45. Je ne sais pas pourquoi mais j'avais programmé mon réveil la veille à 7H00 du matin pensant que j'aurai largement le temps? Quand je me suis rendu compte de mon erreur de calcul je venais de sortir de la douche pour m'habiller. Un coup de d'oeil de routine à ma montre et là, un mélange de perplexité et d'angoisse commence à m'envahir? 7H25? Non, ce n'est pas possible! Je vérifie sur l'horloge de ma cuisine, 7H25, elle confirme!. PUTAIN DE BORDEL DE MERDE! Pas le temps d'allumer mon portable, j'arrache mon blouson de la chaise je courre prendre mon sac préparé la veille, (heureusement) j'empoigne mon trousseau de clef et je trace direction le parking tout en m'insultant de pauvre connard. J'essaie tant bien que mal de faire une soustraction impossible dans ma tête, 45-25 ça fait combien putain! 20!? Ça veut dire que j'ai 20 mn pour me rendre à la gare Montparnasse, me garer, attacher la moto, trouver le quai, composter mon billet et monter dans le train! J'y arriverai jamais avec tous ces P... de feux rouges!

Calme, restes calme, respires... J'espère que ma vieille batterie ne va pas me jouer des tours. Contact, un bruit d'otarie mourante crispe mes neurones qui tentent de garder leur calme, la moto n'a pas démarré. Caaaaaaaalme, je retente tout de suite en donnant une impulsion sur le guidon et en embrayant. L'otarie se métamorphose en Lion, GOOOO!

La vision d?un feux rouge me contracte tellement les trapèzes et la nuque que je me fais à l?idée de prendre le train suivant. Je vais pas me mettre au tas à cause d?un train manqué! On est Samedi matin, il n'y a pas de circulation et les feux deviennent verts à mon passage. Je mets quand même la gouache histoire de ne pas regretter de ne pas avoir fait le maximum.

J'arrive à la gare, trouve un poteau, sors ma chaîne, accroche la moto. Je ne regarde pas l'heure et je me mets à courir vers les quais. Je regrette de ne pas avoir une bonne condition physique pour courir plus vite. Je sors mon portable de ma poche et l'allume direct. Je regarde fébrilement l'heure sur l'écran: 7H35?! J'y crois pas' J'ai pété le chrono, je suis trop fier de moi! Je rejoins le reste de l'équipe et m'aperçois que je ne suis pas le dernier. « S« a fait plus fort que moi en se pointant à la gare de Lyon! Décidément ce week-end est bien parti! Finalement tout le monde sera au rendez-vous à l'heure du départ.

La bande de jeunes que nous sommes s'installe bruyamment en musique et se chauffe pour la déconnade. Le stress retombé, mon estomac réclame un petit déjeuner au calme mais il y a foule devant le bar de la voiture restaurant. J'attendrai plus d'une heure pour me décider à faire la queue et ingurgiter un croissant-café-tartine-chocolat chaud.

Arrivé à Bordeaux St-Jean. Notre hypothétique futur Boss transformé en promoteur de région nous accueille sur le quai avec notre Directeur de Production. Un bus Rose-Bordeaux plus tout jeune nous attend pour nous emmener nous détendre autour d'une piscine d' hôtel avant d'y déjeuner en compagnie de VRP de la commune de Mérignac.

Je vous raconte pas le déjeuner bien arrosé, plus tourné vers la franche rigolade que l'intérêt porté à la région. Le ton est donné, nous sommes déchaînés, on va rigoler, tant pis pour les convenances et puis, nous sommes leurs clients en quelque sorte.

 Une présentation de la ville de Mérignac en compagnie de l'adjoint au Maire et de divers délégués nous plonge dans le sommeil et le cynisme face aux superlatifs employés pour nous vendre les mérites de la plus merveilleuse des régions Française du Monde de la Planète. « C'est quoi le programme après? » - »Visite d'un Château et dégustation de vin ». Ca promet!

Château Luchey-Halde. Tout nouveau négociant depuis l'An 2000, visite des vignes, des chais et des installations flambants neuves. Le guide est intéressant et réussit à nous captiver sans peine avant la dégustation tant attendue.

La suite du programme nous fera redescendre sur terre avec la visite de nos futurs locaux. 4000 m2 soit 11 fois notre surface actuelle! Mais à quoi cela va t'il nous servir? Chacun se pose la même question: « Ai-je envie de travailler ici demain? ».

Nous nous rendons dans le centre ville boire un verre au milieu d'une foire à thème sur Tahiti où on mange Marocain!. Le ridicule des stands et de la musique renforce l'effet alcoolisé de nos boissons. Nous dînerons sur place autour d'un couscous plus que moyen.

 

Fin de la première journée. Nous rentrons à l'Hôtel Ibis sous les commentaires historiques de notre chauffeur. Une petite douche et je décide quand même, malgré la fatigue, de sortir m'aérer rue Sainte Catherine afin de cuver tous les verres bus depuis la matinée. Une pluie fine m'accompagnera toute la soirée au milieu des étudiants et des couples défilant dans une ambiance provinciale et bon enfant. Les filles sont jolies et participent en même temps au plaisir de ma visite de l'architecture Bordelaise. Il est l'heure d'aller se coucher, départ le lendemain à 8H30 pour le bassin d'Arcachon.

Petit déj à l'hôtel et route en musique sous forme de quizz des années 80 dans notre bus coloré.

 Le temps est couvert quand nous embarquons sur « Isabelle » notre petit bateau blanc. Visite de l'île aux oiseaux mais sans oiseaux!

 Longue traversée pour admirer les superbes villas qui bordent le bassin. Je m'imagine Millionnaire sur la terrasse de l'une de ces maisons au petit matin feuilletant la presse devant mon petit déjeuner. Je ferme les yeux pour mieux apprécier la caresse des embruns.

 La dune du Pilat est à l'ombre mais reste lumineuse comme un nuage posé à terre, enfermée entre une mer et un ciel sombre.

 Le retour d'« Isabelle » se fait attendre entre les dangereux bancs de sable qui effleurent la surface de l'eau. La faim se fait sentir à l'approche du programme de dégustation d'huîtres pour le déjeuner . "R" me tape un salto arrière de la jetée pour épater les jeunes filles en maillot de bain, il assure grave mais personne ne l'a vu!.

Le resto est un piège à touriste populaire, les huîtres sont grasses.

 Nous découvrons pendant le repas, la personnalité charismatique de notre chauffeur passionné par le Jazz, parcourant les festivals depuis plus de trente ans. Il nous raconte qu'il a pris Carlos Santana dans notre bus , assis au même endroit que nous à l'arrière.

Tout le monde est crevé et il était temps que l'on rentre à la maison. Le trajet en TGV dure presque trois heures , je branche le MP3 pour tromper l'ennui.

 Je trouverai le recommandé avec A.R de la proposition de salaire en rentrant à la maison posé sur le buffet de l'entrée. J'attendrai quelques heures avant de l'ouvrir.

 

 

Publié dans victormad

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

JUUUUUUUUUUUUJUUUUUUUUUU 21/08/2006 20:09

il en fallait au moins un donc je m'y suis colle.
tres bonne idee que ce blog d'un photophone averti vaut bien une charrue avant que deux tu l'auras.
tu ne parles pas d'un fameux J,d' une verte  L.
a bientot      V